Tout savoir sur le faux-bourdon


Le faux-bourdon est le mâle chez les abeilles mellifères (Apis mellifera). Il s’agit d’un insecte que l’on observe très rarement, sauf si l’on est apiculteur. Le faux-bourdon ressemble davantage à une mouche – par sa masse et pas son bruit en vol – qu’à une abeille ouvrière. Dans cet article, nous présentons le faux-bourdon dans tous ses détails. Bonne lecture.

D’où vient le faux-bourdon ?

Le faux-bourdon vient d’un oeuf non fécondé. Comme chez tous les Hyménoptères, les oeufs qui ne sont pas fécondés par un spermatozoïde engendrent des mâles. Ainsi, on observe le même phénomène chez les frelons et les fourmis.

La reine contrôle la fécondation des oeufs qu’elle va pondre. Par contre, elle ne place les oeufs de mâles que dans des alvéoles suffisamment larges pour les recevoir. Car un faux-bourdon est deux fois plus massif qu’une ouvrière. La construction des alvéoles dépend des ouvrières. C’est donc elles qui déterminent la proportion de mâles à engendrer dans la colonie, par le nombre des alvéoles qu’elles vont bâtir.

Le faux-bourdon se distingue par ses gros yeux. Crédit : Phin Hall (Flickr, CC BY-SA 2.0)

Les faux-bourdons ne sont pas présents constamment dans la colonie. On peut même dire qu’ils sont rares par rapport au nombre des ouvrières. Leur caste ne se rencontre que durant quelques mois au printemps et en été. À la fin des beaux jours, ils sont chassés en dehors des ruches ou tués par les ouvrières. Pourtant, ils ont joué un rôle important pour la survie de leur espèce.

Quel est son rôle ?

Les abeilles sont des insectes sociaux. Le travail nécessaire pour maintenir la colonie en vie et permettre la survie de l’espèce est réparti entre les trois castes présentes : les ouvrières, l’unique reine et les faux-bourdons. Ainsi, chacun à un rôle à jouer.

Mission n°1 : Féconder les reines vierges

Les faux-bourdons sont les seuls mâles de la colonie. Et leur principale fonction est d’assurer la fécondation des reines vierges.

La fécondation des jeunes reines se fait en vol sur des aires que l’on nomme des congrégations. Ces territoires aériens sont nombreux et les emplacements sont toujours les mêmes d’une année sur l’autre. Les castes sexués doivent voler à plusieurs centaines de mètres ou kilomètres de leur nid pour rejoindre un regroupement. Le ciel est un environnement hostile où de nombreux prédateurs peuvent surgir. Pourtant les faux-bourdons ne manquent pas ces rendez-vous.

Une reine s’accouple avec une dizaine de mâles au début de son existence. Ces rencontres se font au cours d’un vol ou de quelques vols sur plusieurs jours successifs. L’objectif pour la reine est de remplir sa spermathèque avec la semence de nombreux mâles. Il lui faudra de très nombreux spermatoizoïdes pour féconder les centaines de milliers d’oeufs d’ouvrières qu’elle va pondre, tout au long de sa vie.

Chaque faux-bourdon s’efforce de s’accoupler pour transmettre son patrimoine génétique à une jeune reine. S’il réussi, il sera le père d’innombrables abeilles. Malheureusement pour lui, il n’est connaîtra pas une seule. Car il meurt peu de temps après l’accouplement. Par contre son sperme sera conserver vivant pendant des années.

Mission n°2 : maintenir la température du nid

Les faux-bourdons passent une dizaine de jours dans le nid avant de faire leur premier vol à l’extérieur. Durant cette période, ils ne sont pas inactifs. Ils contribuent par le mouvement de leurs ailes à ventiler l’intérieur du nid. Ce qui permet d’introduire de l’air riche en oxygène depuis l’extérieur. La vibration des muscles de leurs ailes permet aussi de dégager de la chaleur. Celle-ci permet de couver le couvain. C’est-dire l’ensemble des oeufs, larves et nymphes qui se développent au centre du nid.

En effet, les larves des abeilles ont besoin d’une température comprise entre 30 et 35°C pour se développer. Les faux-bourdons par leur effort aident la colonie dans l’incubation des oeufs et des larves. La présence des faux-bourdons allége le travail des ouvrières. Celles-ci peuvent travailler à d’autres tâches tout aussi importantes.

Comment aider la colonie à élever plus de faux-bourdons ?

Les faux-bourdons ne sont pas inutiles dans une colonie d’abeilles. Leur présence est importante pour assurer la transmission des gènes aux générations futures.

Pourtant, dans les ruches de production de miel, les apiculteurs emploient souvent des plaques de cires sur lesquelles figurent les marques pour la construction des alvéoles d’ouvrières. Ceci oriente davantage la production d’ouvrières que de faux-bourdons.

Pour stimuler la production de mâles, on peut laisser certains cadres libres à bâtir. Les ouvrières vont alors construire autant d’alvéoles de faux-bourdons qu’il sera nécessaire. On peut aussi introduire dans le corps d’une ruche, un cadre de hausse. Les ouvrières construiront en dessous des cires où la plupart des cellules seront celles de faux-bourdons.

La pose de cadres de hausse permet aussi aux apiculteurs de lutter contre les infestations de varroas. Ces derniers sont des acariens responsables d’une parasitose mortelle pour les colonies d’abeilles mellifères, la varroose. Le couvain des faux-bourdons attire les varroas qui les préfèrent à celui des ouvrières pour se reproduire. L’apiculteur – tous les 24 jours – détruit le couvain des mâles pour éliminer tous les varroas qui s’y trouvent.

Pour résumer

Les faux-bourdons, la caste mâle chez les abeilles mellifères – ont un rôle important à jouer durant la saison de l’élevage des reines. Dans les nids, des centaines de mâles vont naître et demeurer actifs jusqu’à la fin de l’été. Il est en effet très rare de rencontrer des faux-bourdons durant l’automne et l’hiver. Sauf en cas de perte de la reine et lorsque la ruche devient bourdonneuse.

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